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Silence, un film sur la force de la foi

Ce mercredi 8 février sort à l’écran en France le film « Silence » du grand réalisateur américain Martin Scorsese. Ce film d’une très haute qualité cinématographique raconte la mission de deux prêtres jésuites portugais dans le Japon du milieu du XVIIème où se déchaînent les persécutions contre l’Eglise catholique.

Le film Silence a été présenté à Rome, à la fin du mois de novembre dernier, en séance spéciale devant 400 jésuites. Un des invités était le jésuite américain James Martin, qui a conseillé les acteurs avant le tournage. Après avoir vu le film, James Martin l’a qualifiée d’« oeuvre maîtresse, qui montre parfaitement les difficultés de la foi et du voyage spirituel des hommes ». Selon le jésuite, elle résonnera avec les gens, croyants comme non croyants.

Le film, qui sort aujourd'hui dans les salles obscures de Bourges et de Châteauroux, est l’une des sorties les plus attendues de l’année. Le célèbre réalisateur de films – Mean Streets (1973), Taxi driver (1976), La dernière tentation du Christ (1988) ou Le loup de Wall Street (2013) – revient avec cette oeuvre qui peut être considérée comme l’une des plus personnelles et originales de sa carrière.

L’histoire

Le film, tiré du roman éponyme de Shûsaku Endô, se déroule dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Il raconte les aventures de deux jeunes jésuites envoyés par Rome au Japon pour faire la lumière sur le Père missionnaire portugais Cristóvão Ferreira (interprété par Liam Neeson) qui a publiquement renié la foi chrétienne après avoir été torturé. Les Pères Sebastiao Rodrigues (Andrew Garfield) et Francisco Garupe (Adam Driver) souffriront dans leur chair la persécution et les supplices auxquels ont été soumis de nombreux chrétiens du Japon à cette époque.

Le film se passe dans un contexte historique véridique : « sakoku » ou « nation fermée ». Cette période de l’Histoire du Japon, qui s’est traduite par la fermeture du pays à toute influence extérieure, a duré du milieu du XVIe à la moitié du XIXe siècle. Trois siècles pendant lesquels les relations commerciales avec l’étranger ont été pratiquement inexistantes et les persécutions contre les chrétiens absolues.

Quatre Pères Jésuites ont participé au tournage

Le film Silence ayant comme principaux protagonistes des jésuites, Scorsese a demandé à la Compagnie de Jésus des conseils pour préparer les acteurs et coller le mieux possible à la réalité des pratiques de cet ordre religieux et aux charismes de ses hommes.

Alberto Nuñez, sj., espagnol, est professeur de théologie de l’Université de Fujen-Bellarmin, à Taipei. Son rôle a consisté à accompagner les acteurs dans leur rôle de prêtres jésuites et à « superviser les scènes dans lesquelles les jésuites et les fidèles étaient filmés dans des attitudes spécifiquement religieuses ».

Jerry Martinson, sj., américain, est très connu à Taiwan pour son implication dans la production de contenus élévisés depuis les studios Kuangchi de Taipei, oeuvre de la Compagnie de Jésus.

Emilio Zanetti, sj., d’origine italienne, travaille également aux Studios Kuangchi. Il a participé de façon très active au tournage, y compris en apparaissant comme figurant dans certaines scènes.

James Martin, sj., américain, est écrivain et rédacteur en chef de l’American Magazine, publication jésuite de grande influence. Martin fut l’assistant de Scorsese pendant tout le tournage. Il l’a aidé à traduire l’histoire dans des termes concrets.

Entretien entre Martin Scorsese et James Martin, s.j. - Extraits

Extrait de l’entretien entre James Martin, jésuite, rédacteur du magazine America, assistant du réalisateur pendant le tournage et Martin Scorsese. À paraître dans la revue Études du mois de mars 2017.

Le film de Martin Scorsese marque une étape significative dans son parcours de production cinématographique, il représente une quête existentielle, voire spirituelle. Dans un entretien avec le Père James Martin, Martin Scorsese expose les motivations qui l’ont conduit à réaliser Silence.

James Martin : Vous avez dit que cela vous a pris du temps pour comprendre le « coeur » du livre. Comment
le décririez-vous, ce « coeur » ?

Martin Scorsese : Et bien, c’est la profondeur de la foi. C’est le combat pour l’essence même de la foi, en
dépouillant tout le reste qui l’entoure.

Le moyen que l’on prend pour aller vers la foi peut être d’une grande aide. C’est ainsi que l’Église et tout ce qu’elle implique – l’institution ecclésiale, les sacrements – peut être d’une grande utilité. Mais, en fin de compte, c’est vous-même qui êtes impliqué. C’est cela que vous devez trouver. Vous avez à trouver en vous ce cheminement intérieur. Vous devez trouver une relation à Jésus vraiment pour vous-même, parce qu’en fin de compte, c’est lui que vous rencontrez.

 

James Martin : Dans votre enfance, vous étiez fasciné par les missionnaires. Puis vous avez lu ce livre qui parle de missionnaires. Vous aviez projeté de faire ce film depuis longtemps. Et maintenant, vous avez enfin réalisé ce beau projet. Dans quelle mesure le fait de faire ce film a-t-il influencé votre vie de foi ou votre spiritualité ?

Martin Scorsese : Je pense que cela m’a obligé à regarder la foi de plus près. C’est facile à dire. Mais c’est le fait de contempler cela et d’accepter que si je suis arrivé à un certain point, c’est surtout parce que ma vie est peut être en train de se terminer. Il y a aussi des gens qui m’entourent et qui sont très proches de moi. Je découvre que, comme cette histoire, ils semblent éclairer pour moi ce que signifie la vie. Ils le font effectivement, mais pas intentionnellement. En un certain sens, c’est comme un cadeau.

Puis-je vivre à la hauteur de cela ? Je n’en sais rien. Honnêtement, je ne le pense pas. Mais ce que l’on doit faire, c’est de continuer d’essayer. Simplement continuer d’essayer. Voilà tout.

 

Texte paru dans America, 19-26 décembre 2016, p. 16-20. Traduit de l’anglais (États-Unis) par François Euvé

COLRAT
COLRAT a écrit :
15/02/2017 12:20

Un lien indirect entre ce film et le Berry : Endô a étudié à Lyon et a été accueilli par le P.Soulcié, à l'époque directeur du Séminaire universitaire. Ils ont gardé le contact et Endô est venu à Bourges pour se rendre en pèlerinage à Pellevoisin sur la tombe de son maître en littérature : Bernanos. Il y a une dizaine d'années, une équipe de Télévision japonaise est venue rue de la Cage verte pour interviewer le P.Soulcié dans le cadre d'un reportage sur la vie en France de ce très grand écrivain japonais-traduction assurée par le P.Debionne. le livre Silence qui a inspiré Scorsese, est disponible en Folio Poche, en vente à la Procure de Bourges (8€). Guy COLRAT

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