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Paul, le converti

(dossier « Paul, l’apôtre des nations » sur http://croire.la-croix.com)

 

Le 25 Janvier, l’Eglise nous donne à célébrer la conversion de Saint Paul

 

Après sa conversion, Paul n'est plus le même, c'est un homme nouveau. Il devient un apôtre inlassable. Son seul désir : annoncer le Seigneur Jésus Christ.

Paul est méconnaissable. Le persécuteur impitoyable s'est changé en un apôtre dévorant, le rabbin promis à la célébrité rejoint les petits groupes chrétiens, et répète le message qu'on lui confie. Derrière ces changements visibles, qui ne suffisent pas toujours à rassurer tous les frères, s'opère une transformation profonde. Paul devient lui-même l'apôtre qui dessine pour des siècles le visage et le style du missionnaire chrétien, le penseur et l'homme spirituel qui marque à jamais la foi de l'Église et son expression.

Toute son action, tout son dynamisme intérieur, toute sa pensée convergent sur un centre, vivent d'une source unique, constamment nommée, toujours reconnaissable : le Seigneur Jésus Christ. Entre les évangiles d'un côté, et de l'autre les lettres de Paul, il existe à la fois comme un violent contraste et un parallélisme profond.

Les évangiles suivent Jésus d'un bout à l'autre, et, à travers tous les acteurs qu'ils mettent en scène, ne visent au fond que lui. Les personnages n'ont d'intérêt que pour ce qu'ils nous apprennent de Jésus. Ils peuvent être eux-mêmes pleins de naturel et de vie, ils ne sont jamais au centre. A travers eux, leur foi ou leur refus, les évangiles nous présentent et nous livrent Jésus vivant.

Or quand Paul écrit aux Galates : « Ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi » (Galates 2,20), il ne dit pas la même chose, mais il rejoint la même réalité. Les témoins mis en scène dans les évangiles pourraient répéter eux aussi le mot de Paul : « Ce n'est pas nous qui comptons, qui sommes ici vivants : c'est ce Jésus vivant devant nous ». Ces hommes ont bien des faiblesses ; leur foi est mince et peu solide. Mais leur fragilité fait apparaître la force et la vérité de Jésus. Jean Baptiste était fort. Pour laisser à Jésus toute la place, il a fallu qu'il diminue. Paul lui aussi était fort, riche de bien des dons. Une vie épuisante, chargée de soucis et de luttes, l'a usé en quelques années. Mais ce poids fait sa force : « Je me glorifierai de mes faiblesses, car lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort » (2 Corinthiens 12,10).

Sa vie ne constitue pas un cinquième évangile. Aucune confusion possible entre les démarches et les paroles qui coulent de Jésus, simples et souveraines, et les complications de Paul qui doit s'expliquer, discuter, organiser. Inutile de se demander pourquoi les évangiles et la tradition de Jésus tiennent si peu de place dans ses lettres. Paul n'a pas un détail à ajouter aux traditions qu'il a reçues. Mais il peut dire, à partir de sa propre expérience, ce que produit cette tradition dans une vie d'homme et dans le monde des hommes. C'est l'Évangile de tous les apôtres, et c'est le sien, que nul ne peut écrire à sa place.

Paul n'a jamais « connu le Christ selon la chair » (2 Corinthiens 5,16), le Jésus qui vivait en Galilée et mourut à Jérusalem. Il ne sait de lui que ce qu'il a appris de ses compagnons et de ses disciples. Comme plusieurs chrétiens de sa génération, il pourrait sans doute rappeler des souvenirs, répéter quelques mots du Maître. Mais sa mission propre est ailleurs. A ceux qui ont vu et entendu le Seigneur de transmettre ce qu'ils ont reçu par les yeux et les oreilles, ce qu'ils ont vécu en sa présence et sous son regard. Paul doit dire ce que fut pour lui la première rencontre, ce qu'est toujours, dans son cœur et dans le monde où il vit, la présence personnelle et secrète du Christ vivant.