Quelques figures spirituelles

Le diocèse de Bourges possède une histoire riche des figures de sainteté qui ont marqué la vie de l’Église en Berry. Saints patrons du diocèse, évêques de Bourges, saints, bienheureux, découvrez quelques figures spirituelles du diocèse.

Saints et saintes du Berry, priez pour nous !

Les saints patrons du diocèse de Bourges

SAINTE JEANNE DE FRANCE (1464-1505), reine, religieuse – 4 février

Sainte Jeanne de France

Jeanne de Valois est la fille du roi Louis XI et de Charlotte de Savoie. Née en 1464, à Nogent-le-Roi, elle passe une bonne partie de son enfance au château de Lignières (18) et, dans la chapelle du château (aujourd’hui l’église paroissiale), elle vit une expérience mystique qui la conduit à vouloir fonder un ordre religieux en l’honneur de la Vierge Marie. Pour des raisons politiques, elle sera mariée par son père au duc d’Orléans. La duchesse d’Orléans devient Reine de France en avril 1498 lorsque son époux accède au trône sous le nom de Louis XII, en succession de Charles VIII. Mais Jeanne, surnommée « la boiteuse » ou « l’estropiée », n’a pas l’heur de plaire à son mari. Il fait donc annuler le mariage, pour non consommation et vice de consentement, et Jeanne perd son titre de reine 8 mois après l’avoir reçu, devenant alors duchesse de Berry. Elle se retire à Bourges, dans une vie de prière et d’austérité, marquée par des œuvres de charité. En 1501, elle fonde l’ordre contemplatif de l’Annonciade à Bourges, pour chercher la perfection évangélique en imitant les vertus de la Vierge Marie. La règle des moniales, rédigée avec l’aide du Bienheureux Gabriel-Maria, son confesseur, sera approuvée par le pape Alexandre VI en 1502. Jeanne mourra le 4 février 1505, à la tête de son ordre, laissant aux berruyers le souvenir de « la bonne duchesse ». Elle est canonisée par Pie XII en 1950.
Une chapelle lui est consacrée à la cathédrale de Bourges, ainsi qu’à Rome en l’Eglise St Louis des Français. A Bourges, l’église Notre Dame accueille sa pierre tombale ainsi qu’une statue réalisée en 1879. Elle est évoquée dans un tableau à l’église de Mehun sur Yèvre et à celle de Reuilly, ainsi que dans des vitraux à Aubigny, Vasselay et St Pierre le Guillard.

SAINTE SOLANGE, vierge et martyre (IXe siècle) – 10 mai

Sainte Solange

Sainte Solange est née dans le Cher, au IXème siècle, à St Martin-du-Crot (aujourd’hui Ste Solange). Issue d’une famille modeste, elle était bergère, gardait les moutons de son père. Elle avait l’habitude de consacrer une bonne partie de ses heures de gardiennage à la prière. Adolescente, Solange était une belle jeune fille. Un jour qu’elle était au pré, Bernard de Gothie, fils du comte de Poitiers lui fit des avances qu’elle refusa, parce qu’elle voulait se consacrer entièrement à Dieu. Irrité, il la menaça et l’enleva de force sur son cheval. Mais Solange résista en se débattant, ce qui leur valut de tomber tous les deux. Fou de colère, Bernard saisit son épée et la décapita le 10 mai 878. On raconte que sa tête séparée du corps invoqua trois fois le nom de Jésus. Elle peut être invoquée comme martyre de la pureté, préférant mourir que de perdre ce qu’elle avait offert au Christ

SAINT URSIN, premier évêque de Bourges, patron principal du diocèse – 9 novembre

Saint Ursin, premier évêque de Bourges

S’il est historiquement difficile d’avoir des informations précises sur la vie de saint Ursin, la tradition nous rapporte qu’il a vécu dans le courant du III° siècle. Il arriva dans les Gaules jusqu’à Avaricum, la ville des Bituriges. Evangélisateur et missionnaire, il annonça l’Evangile aux habitants. Après un premier accueil hostile, il se réfugia dans un lieu appelé depuis La Chapelle-Saint-Ursin, avant de revenir à Bourges. Après les premières conversions parmi les plus pauvres, il reçut alors le soutien du sénateur Léocade qui donna son palais pour en faire une église. Il est considéré et honoré comme le fondateur et le premier évêque de Bourges.

Les évêques de Bourges

SAINT GUILLAUME, archevêque de Bourges (1199-1209) – 10 janvier

Saint Guillaume

Né en 1120, Guillaume du Donjon, de la famille des Comtes de Nevers, fut dès sa jeunesse chanoine de Paris et de Soissons. Désireux d’une vie plus religieuse, il entra dans l’ordre de Grandmont, puis à Cîteaux. Il fut successivement prieur de Pontigny (Yonne), abbé de Fontaine-Saint-Jean (Loiret) et de Châlis (Oise). Désigné comme archevêque de Bourges en 1199, il gouverna avec zèle son diocèse, devenant l’évêque des pauvres, ce qui suscita des tensions avec les chanoines qui se sentirent délaissés. Ferme sur les principes, il entre en conflit avec le roi Philippe Auguste à qui il reproche son divorce et son remariage. Il fut contemporain de la construction de la cathédrale actuelle, (commencée sous son prédécesseur, Henri de Sully) et eut un rôle déterminant dans le programme iconographique des vitraux et des sculptures. Considéré comme un grand prédicateur, il prêche contre l’hérésie cathare à la demande du Pape Innocent III, et prépare même une croisade contre les albigeois, à laquelle il ne participera jamais pour cause de maladie. De fait, saint Guillaume meurt en 1209, après avoir pris froid dans la cathédrale inachevée. Plusieurs miracles furent observés devant son tombeau et par son intercession, de sorte qu’il fut canonisé dès le 17 mai 1217, par Innocent III.

La cathédrale conserve des souvenirs de ce que fut son existence : dans la grande nef (sud), il est représenté dans un vitrail avec, à ses pieds la donatrice, Mathilde de Courtenay, sa nièce. Le portail situé à gauche de la façade occidentale, sous la tour du Nord, lui est entièrement consacré. Au trumeau, sa statue (décapitée), oeuvre d’un sculpteur berrichon (Marcel Paule – 1515). Dans le tympan, diverses scènes de la vie du saint : il reçoit des aumônes pour la construction de la cathédrale ; il guérit des malades ; il chasse le démon du corps d’un possédé, sur la place Gordaine. Le gros bourdon (6 080 kg), béni en 1841, porte le nom de « gros guillaume », non seulement en souvenir de Mgr Guillaume de Villèle, archevêque de Bourges à cette date, mais aussi parce qu’il succéda à une cloche plus ancienne, fondue en 1637 et placée sous le vocable de Saint Guillaume. Il est le patron secondaire de l’église du Sacré Coeur de Bourges, où un vitrail contemporain le représente au-dessus du maitre autel. On le retrouve aussi sur le retable (XVIème siècle) de l’église de Bréçy.

SAINT SULPICE LE PIEUX, archevêque de Bourges (624-647) – 18 janvier

Saint Sulpice le Pieux, archevêque de Bourges

Sulpice est né aux environs de 576, à Vatan, dans une noble famille gallo-romaine. Appelé par l’évêque Outrille de Bourges, il est nommé archidiacre en 612 puis ordonné prêtre en 618. Il reçut alors la charge d’aumônier du Palais par le roi Clotaire II, qui le nomma évêque de Bourges en 624, à la mort d’Outrille. Prêchant par l’exemple d’une vie austère et pauvre malgré ses charges officielles, il s’emploie au soulagement des indigents, à la conversion des juifs, ainsi qu’à la réorganisation de la célèbre abbaye qui portera son nom. Doux et calme de caractère, il est aussi appelé saint Sulpice le bon ou le débonnaire. A son décès, le 17 janvier 647, il est considéré comme l’un des plus grands évêques de la Gaule mérovingienne. Véritable figure du bon pasteur, de nombreux miracles lui sont attribués et sa renommée déborde largement les frontières du diocèse.

Près de 350 églises de France, de Belgique et de Suisse l’honorent comme leur saint patron, dont 22 en Berry. Le 27 août 1518, ses reliques furent emportées à Paris, et déposées à l’église saint Sulpice qui dépendait alors de l’abbaye de St Germain des Prés. Le curé de cette paroisse (1642-1679), Mr Olier, donna le nom de Saint Sulpice à la compagnie des prêtres qu’il institua pour la formation du clergé. Les sulpiciens s’installèrent à Bourges en 1679, et participèrent depuis à la formation du clergé local.

SAINT SULPICE SÉVÈRE, archevêque de Bourges (624-647) – 29 janvier

D’emblée, il convient de ne pas confondre deux personnages homonymes. Saint Sulpice Sévère qui fut disciple et biographe de saint Martin et mourut en 397, et saint Sulpice Sévère (Sulpice 1er de Bourges) qui fut évêque de Bourges au VIème siècle, soit 200 ans plus tard. Ce dernier fut élu en 584. Il assista aux conciles de Mâcon (585) et de Clermont (586). Il mourut en 591 et fut inhumé à Bourges. Saint Grégoire de Tours le présente comme un évêque ayant un grand souci pastoral, avec un caractère grave et soucieux de restaurer la discipline du clergé et les bonnes mœurs des fidèles. Il participa notamment fortement à la lutte contre la simonie, luttant contre le carriérisme ecclésiastique. Il pacifia un conflit entre l’Eglise de Cahors et celle de Rodez. Il est représenté sur un des vitraux de la cathédrale.

SAINT OUTRILLE ou AUSTREGESILE, évêque de Bourges (612-624) – 20 mai

Né à Bourges en 551, Outrille est issu d’une famille noble, mais de fortune modeste. Après avoir étudié les Saintes Ecritures à Bourges, il entra à la cour du roi Gontran, où déjà, il déploya beaucoup d’ardeur à la prière et à l’aumône. Malgré la possibilité d’un beau mariage, il choisit le célibat, désirant entrer dans les ordres. Il reçoit la tonsure et le sous-diaconat de l’évêque d’Auxerre, puis il est ordonné prêtre à Lyon par l’évêque Aethérius. 20 ans plus tard, en 612, il devient évêque de Bourges. Accomplissant un ministère fécond, il laisse le souvenir de nombreux miracles de toute sorte, et d’une intense vie caritative. Il décède en 624 et sera enseveli par l’évêque de Nevers dans une église berruyère aujourd’hui disparue. Beaucoup de miracles auront encore lieu sur son tombeau.

SAINT RAOUL, archevêque de Bourges (IXe siècle) – 22 juin

Raoul naquit au début du IXème siècle, dans le diocèse de Limoges. Fils d’une famille noble, il entra à l’abbaye de Saint-Pierre-Saint-Paul de Solignac pour devenir clerc et recevoir le sacerdoce. Devenu évêque de Bourges en 842, il fit preuve d’un grand zèle apostolique à l’égard du peuple et du clergé. Bien que très investi dans la gestion des affaires séculières, notamment dans la crise entre le roi Charles le Chauve et Pépin d’Aquitaine, cela ne le détourna pas du soin des âmes et de l’Eglise. Il prit part à plusieurs conciles et fonda des monastères. Il laisse aussi et surtout le souvenir d’un évêque très soucieux de la formation, du ministère et de la vie de ses prêtres, notamment par la rédaction d’une instruction pastorale composée de 45 articles. Il décède le 21 juin 866 et sera honoré par les habitants du Berry du titre de “Père de la Patrie”.

Figures de sainteté

SAINT HONORÉ, martyr, XIIIe siècle – 9 janvier

Saint Honoré

Canonisé en 1444, saint Honoré est originaire de Buzançais en Berry, où il vécut à une époque imprécise. C’était un honnête commerçant en bestiaux. Héritier d’une belle fortune, prospère dans ses propres affaires, il consacra une grande partie de ses biens à des aumônes abondantes, notamment en dotant les mariages pauvres. Conduisant un troupeau à travers le Poitou, il remarqua qu’une génisse volée avait été jointe à son lot de bêtes par deux de ses domestiques. Se refusant de consentir à un marché frauduleux, il reprit les deux hommes qui, arrivés à Thénezay (Poitou) se vengèrent en lui tranchant la tête, afin de pouvoir vendre les bêtes à leur profit. Il mourut martyr de la justice un 9 janvier. Des prodiges lui furent attribués, de sorte qu’à la demande des fidèles, son corps fut déposé en l’église de Thénezay, puis envoyé à Buzançais qui le prit pour patron et protecteur de la ville. Dès 1474, Buzançais avait une chapelle dédiée à saint Honoré. Mais en 1562, ses reliques furent brûlées et dispersées par les calvinistes. L’église actuelle de la ville, placée sous le vocable du sacré cœur, possède encore une petite relique du saint ; un vitrail contemporain le représente, ainsi qu’un tableau donné par Napoléon III. En 1836, une notice historique a été rédigée par l’abbé Oudoul, curé de Buzançais nommé en 1828, et éditée à Paris par la « librairie de piété et d’éducation » (46 rue du bac). Il peut être invoqué pour que la prospérité ne nous détourne ni de la charité ni de la justice.

SAINT AMAND, évêque (VIIe siècle) – 7 février

Né aux environs de Nantes vers 585, il quitte le monde à 20 ans pour entrer au monastère de l’île d’Oye. Au bout d’un an, il résiste à son père qui le presse de quitter la vie religieuse, affirmant n’avoir pas d’autre désir que de vivre pour le Christ. Il effectue alors un pèlerinage sur le tombeau de saint Martin, à Tours, puis s’établit à Bourges. Il y vivra en reclus, pendant 15 ans, dans une petite cellule près de la cathédrale, sous la direction de l’évêque saint Outrille. Il pratique là une vie très austère de pénitence. Après un pèlerinage à Rome, il est sacré évêque en 628, sans se voir confier de siège particulier, mais avec mission de prêcher la foi aux païens. Il évangélise les Flandres, prêche chez les Slaves et dans les provinces du Danube. Banni par le roi Dagobert qu’il avait averti de ses désordres, il s’exile chez les gascons et en Navarre pour y poursuivre sa mission d’évangélisation. Mais Dagobert le rappelle à lui, se jette à ses pieds demande pardon, se confesse et le prie de baptiser son Fils Sigebert. Revenus en grâce, saint Amand poursuit sa mission en évangélisant les barbares du territoire de Gand. En 633, il y construit plusieurs églises avant de fonder trois monastères, dont le dernier près de Tournai, dans une ville qui porte désormais son nom (St Amand-les-Eaux). Elu évêque de Maastricht en 649, il donna sa démission au bout de 3 ans pour reprendre ses voyages apostoliques. Très âgé et fatigué, il se retire à l’abbaye d’Elnone vers 670, dont il sera l’abbé pendant 4 ans, avant de mourir nonagénaire en 675. Patron de Saint Amand-Montrond, il est représenté sur les bas-reliefs du maître autel édifié en 1847 : une première sculpture le montre en train de recevoir du pape sa mission d’évangélisation des Gaules ; une seconde le montre en train d’entendre la confession de Dagobert.

SAINT CHARTIER, prêtre (VIe siècle) – 13 février

Vers la fin du VIème siècle, sous l’épiscopat de saint Sulpice Sévère, le prêtre Cartérius vit dans la vallée de l’Igneraie. On ne sait pas grand-chose sur sa vie, si ce n’est que ses reliques furent brûlées au moment de la Révolution, qu’un tableau moderne de Fernand Maillaud le représente dans l’église actuelle de Saint Chartier, et que l’église romane de Javarzay (deux Sèvres) est placée sous le patronage de ce saint berrichon. Prions-le pour que le Berry ne manque jamais de saints prêtres.

 SAINTS MARCEL ET ANASTASE, martyrs (IIIe siècle) – 3 juillet

Au milieu du IIIème siècle, le pape Fabien aurait envoyé sept évêques pour évangéliser la Gaule. D’après Grégoire de Tours, Marcel et Anastase faisaient partie des accompagnateurs de ce groupe de missionnaires. C’est donc au tout début de la prédication évangélique en Berry que Marcel et Anastase furent persécutés et mis à mort près d’Argenton-sur-Creuse, en raison de leur foi. Cela fait probablement d’eux les tout premiers martyrs de notre Eglise diocésaine.

SAINT LAURIAN, évêque et martyr (VIe siècle) – 4 juillet

Originaire des bords du Danube, au VIème siècle, Laurian fut diacre à Milan, puis évêque à Séville. Fuyant les persécutions ariennes, il partit en pèlerinage à Rome puis en Gaule sur le tombeau de saint Martin. Il se retira ensuite dans la solitude, en Berry, du côté de Vatan. Mais il y fut rejoint et assassiné en 544 par les émissaires du roi arien qui régnait alors sur l’Italie.

SAINT OURS, abbé (Ve siècle) – 28 juillet

Originaire de la ville de Cahors, Ours s’engage de bonne heure dans la vie cénobitique avec quelques compagnons. Face à la menace de l’arianisme, il remonte vers le nord avec ses disciples et parvient en Berry vers la fin du Vème siècle. Il y déploie une activité de fondateur, installant plusieurs communautés monastiques notamment à Toiselay près de Chatillon-sur- Indre, une autre à Heugnes près de la source du Nahon, et enfin une troisième à Villedieu sur les bords de la Trégonce. Chacune de ces communautés est confiée aux soins d’un supérieur qui reçoit un résumé écrit de sa règle. Aujourd’hui perdue, la règle de saint Ours insistait sur l’équilibre entre le temps de la prière, de la formation théologique et catéchétique et du travail manuel. Elle accordait de l’importance à la prière collective et à l’unité de l’Eglise. Après le Berry, Ours continue ses pérégrinations jusqu’en Touraine. Il y décède vers 510, non sans y avoir fondé deux autres monastères, dont celui de Loches.

SAINTE RADEGONDE, reine et veuve (521-587) – 13 août

Sainte Radegonde est une des grandes figures de sainteté de la Région Centre, particulièrement du sud de l’Indre et du Poitou. Fille du roi de Thuringe, elle fut mariée de force à Clotaire Ier, l’un des fils de Clovis, après que ceux-ci eurent envahi son pays et assassiné une partie de sa famille. Devenue reine, pendant 20 ans elle tient tête à un mari décrit comme particulièrement violent, brutal et dépravé. Après de multiples rebondissements et soutenue par les évêques saint Médard de Noyon et saint Germain de Paris, Radegonde finit par lui faire accepter qu’elle devienne moniale. Après un pèlerinage sur le tombeau de saint Martin et avoir pris conseil auprès de l’ermite Jean de Chinon, elle fonde un hospice, le premier des territoires contrôlés par les Francs entre Tours et Poitiers. Puis, près de Poitiers, elle fonde le monastère féminin de Notre Dame qui deviendra celui de la Sainte Croix. Elle quitte ainsi la vie conjugale et la Cour et peut offrir un havre de paix et de sérénité à de nombreuses jeunes femmes dans un monde secoué par la violence, la guerre et les épidémies. Le monastère de la sainte Croix compte parmi les premiers monastères féminins d’Occident, placé sous la règle de saint Césaire d’Arles. Radegonde y sera rejointe par plus de 200 jeunes femmes de la noblesse franque. Elle en confiera l’abbatiat à l’une de ses amies, ne voulant garder pour elle-même que les tâches les plus humbles et le soin des pauvres. Devenu un centre spirituel, elle y accueille Venance Fortunat, auteur de nombreuses hymnes toujours chantées dans la liturgie romaine et futur évêque de Poitiers. Soucieuse de paix et de réconciliation, elle saura se mêler de politique et influencer les grands de son époque pour le bien des peuples.

SAINTE JEANNE-ELISABETH BICHIER DES AGES, religieuse (1773-1838) – 26 août

Née au château des Ages sur la commune du Blanc le 5 juillet 1773, Elisabeth Bichier grandit sur les bords de la Creuse entre Indre et Vienne. Dès son plus jeune âge, elle se montre assidue à la prière, soucieuse des plus pauvres et des malades, attentive à l’enseignement de la foi. Comme tous ceux de sa génération, sa vie est profondément bouleversée par la Révolution française. Jeune aristocrate, elle se retrouve bientôt privée de ses biens familiaux, incarcérée à la prison de Châteauroux puis assignée à résidence à l’Hôtel des Ages au Blanc avant de se réfugier à Béthines dans la propriété familiale de la Guimetière. Malgré la reprise des persécutions antireligieuses pendant la période du second Directoire, elle persévère à déployer une vie apostolique autour de la prière, de l’enseignement de la foi et de la charité. Elle fait alors la connaissance de saint André Hubert Fournet, curé de Maillé, prêtre réfractaire, qui célèbre clandestinement la messe dans une grange des environs. En 1801, la paix religieuse revenue avec le Concordat, guidée et conseillée par ce prêtre, elle fonde la Congrégation des Filles de la Croix qui s’efforce de restaurer la vie religieuse « par toutes sortes d’œuvres bonnes ». Après avoir fondé des communautés dans toute la France, elle meurt le 26 août 1838 à La Puye dans la Vienne. Béatifiée par Pie XI en 1934, elle fut canonisée par Pie XII en 1947.

BIENHEUREUX SÉBASTIEN DESBRIELLES et ses COMPAGNONS, martyrs (1739-1792) – 2 septembre

Né à Bourges le 28 avril 1739, Sébastien Desbrielles fut envoyé à Paris pour travailler à l’hôpital de la Pitié. Il y fut maître d’hôtel et sacristain. Après la chute de la monarchie le 10 août 1792, des vagues d’arrestation sont déclenchées qui conduisent en prison prêtres et religieux réputés réfractaires et les laïcs qui leur sont fidèles. On les entasse alors dans diverses maisons religieuses transformées en prison et c’est au séminaire Saint Firmin (5ème arrondissement) que Sébastien Desbrielles sera enfermé avec 93 autres compagnons d’infortune. Entre le 2 et le 5 septembre, sous l’effet d’une fureur populaire incontrôlée, des bandes armées investissent ces prisons et se livrent à des massacres systématiques. Plus d’un millier de prisonniers seront ainsi tués parmi lesquels 191 dont on a pu établir qu’ils sont morts à cause de leur foi : 3 évêques, 127 prêtres séculiers, 56 religieux. Le Bienheureux Sébastien Desbrielles est l’un des 5 laïcs qui sera béatifié avec eux en 1926 pour avoir été tués en haine de la foi.

SAINT SILVAIN, ermite, et ses compagnons SAINTE RODENE, SAINT SYLVESTRE et SAINT CORUSCULUS – 22 septembre

Saint Sylvain

La distance historique ne permet pas de connaître avec exactitude ce que fut la vie de ces chrétiens. Mais leur existence est incontestable et ils firent partie des tous premiers confesseurs de la foi en Berry. La légende raconte que Silvain et Sylvestre furent des missionnaires envoyés en Gaule par saint Pierre et qu’arrivés à Gabatum (Levroux), Rodène et Corusculus se convertirent à leur prédication et à la vue des miracles qu’ils accomplirent.

SAINT AUGUSTE, abbé (VIe siècle) – 12 octobre

Au VIème siècle, Auguste faisait partie de la maison de saint Désiré qui fut évêque de Bourges pendant 9 ans. Atteint d’un handicap qui contractait ses mains et ses pieds, il ne pouvait se déplacer qu’en se trainant sur les coudes et les genoux. Il fit construire un oratoire en l’honneur de saint Martin dans un des quartiers de Bourges. Il s’agissait du faubourg de Brives dont la ville actuelle garde la mémoire avec la rue de Brives, entre la rue Nicolas Leblanc et la rue Charlais.

C’est lorsqu’il déposa dans cet oratoire les reliques de saint Martin qu’il sentit ses membres se détendre et se trouva complètement guéri des contractures qui l’affligeaient. A partir de ce moment, il s’engagea dans la vie monastique avec quelques frères pour consacrer son existence à la prière.
L’évêque saint Probien l’ordonna prêtre et le nomma abbé de Saint Symphorien, église détruite en 1799 dont l’emplacement correspond aujourd’hui à la place Montaigne. D’après les écrits de Grégoire de Tours, c’est alors qu’il résidait au monastère de Saint Symphorien que saint Auguste eu une vision de saint Ursin, premier évêque de Bourges, qui lui révéla l’emplacement de sa sépulture. Il en fit part à l’évêque saint Germain de Paris qui était de passage et qui avait eu la même vision. Tous les deux décidèrent l’évêque Probien à procéder à l’exhumation du corps, afin que la mémoire du premier pasteur de l’Eglise en Berry puisse être honorée comme il se doit. Nous n’avons pas d’autres informations sur la vie de saint Auguste, si ce n’est qu’il dut mourir cette même année. La commune de Saint-Août lui devrait son nom.

SAINTES MONTAINE, SÉVÈRE et BERTOARE, vierges – 22 octobre

L’histoire a laissé peu de témoignage sur la vie de ces trois saintes de sorte que nous ne savons pas grand-chose de leur existence.
Sainte Sévère, soeur de saint Modoald, évêque de Trêves, fut nommée abbesse par ce dernier. En 625, elle répondit à l’appel de l’évêque de Bourges, saint Sulpice le Bon et vint en Berry fonder un monastère à côté de La Châtre, dans un village appelé Villeneuve. Elle n’y resta que peu de temps et retourna à Trèves où elle mourut quatre ans plus tard. Après sa mort, les habitants de Villeneuve rapportèrent chez eux des reliques de la sainte. L’église du lieu lui fut dédiée au XIème siècle et depuis ce temps le village porte son nom, Sainte Sévère-sur-Indre.

Sainte Montaine aurait, elle aussi, été moniale et abbesse dans l’actuel diocèse d’Orléans.
Contemporaine de sainte Sévère et de saint Outrille de Bourges, sainte Bertoare fut également moniale et abbesse.

Si on sait peu de chose de leurs existences, il est historiquement avéré qu’elles furent vénérées au cours des siècles et que leur intercession fut source de beaucoup de grâces. Sainte Montaine était, par exemple, implorée contre les fièvres. Depuis le XIIIème siècle les reliques de sainte Sévère soutiennent la prière de nombreux fidèles et font l’objet d’un pèlerinage. De cette manière, ces saintes femmes nous rappellent que l’Eglise est bien plus vaste que ce que l’on peut en voir. Le mystère de la communion des saints nous redit que l’Eglise du ciel se penche vers celle de la terre et accompagne sa marche dans le temps.

SAINT GENITOUR et ses COMPAGNONS, martyrs (IVe siècle) – 27 octobre

Il est difficile de retrouver la réalité historique de ce que fut l’existence de saint Génitour et de ses frères, traditionnellement appelés « les Bons saints » du Blanc et dont le martyr a eu lieu à la fin du IVème siècle dans la ville haute de cette même ville. Leur mère, sainte Maur, issue de l’aristocratie hongroise est venue se fixer à Tours pour rejoindre saint Martin et embrasser la foi chrétienne avec ses 9 enfants : Loup, Bénigne, Béat, Epain, Marcellien, Messaire, Genitour, Principin et Tridoire. Poursuivis par le roi des Goths mécontent de leur départ et de leur conversion, ils furent rattrapés et martyrisés entre Touraine et Berry. Si les 5 premiers enfants furent tués aux environs de Tours, les autres réussirent à fuir vers le sud avant d’être rattrapés et assassinés au Blanc. Tridoire, Messaire et Principin moururent dans la ville haute tandis que Génitour réussi à rejoindre l’église qui lui est aujourd’hui dédiée pour rendre son âme à Dieu. Avant de mourir, Génitour rendit miraculeusement la vue au portier de l’église à qui il demandait asile. Aujourd’hui, nous prions saint Génitour et ses frères, les fils de sainte Maur, à l’intention de tous les enfants. Qu’avec les yeux de la foi, ils puissent reconnaître la présence du Christ dans leur vie et tenir ferme dans la foi.

SAINT ROMBLE, abbé (Ve siècle) – 6 novembre

Né en Bretagne, au Vème siècle, il vint en Berry et se retira en un lieu appelé Subligny, du côté de St-Satur. Il y fonda un monastère, et pendant le carême, il se séparait des autres moines pour mener à l’écart une vie de jeûne et de prière. En 463, alors que l’armée du Comte Gilles, vainqueur des Wisigoth à Orléans, dévaste la région, saint Romble intervient en faveur de la population. Malgré les menaces, il encourage le peuple à garder confiance, à persévérer dans la prière. Et lui-même, persistant à intercéder pour les opprimés fini par obtenir la libération des prisonniers et la restitution des biens volés. Après un voyage à Rome, où il se fit remarquer en ressuscitant un mort, il revient en son monastère pour reprendre sa vie de prière et d’ascèse. Parvenu à un âge avancé, il s’endormit dans le seigneur et fut enseveli dans les environs de Sancerre.

SAINTE ELISABETH DE LA TRINITE, religieuse carmélite (1880-1906) – 10 novembre

Née en Berry dans le Cher, à Avord où son père était officier le 18 juillet 1880, dès l’âge de sept ans, Élisabeth Catez (1880-1906) reçoit la grâce de vaincre, pour l’amour du Christ, un tempérament difficile. Se pliant aux obligations de la vie mondaine, son cœur n’est rempli que du désir de se consacrer à Dieu dans la vie religieuse. Entrée au Carmel de Dijon à 21 ans, elle reçoit, à la faveur de l’enseignement d’un religieux, de vives lumières sur la présence des trois Personnes divines en son âme. Elle a désiré que sa vie ne fût qu’un rayonnement de la vie du Christ aimé ; en lui, elle s’est sentie appelée à être pour Dieu une louange de gloire. Crucifiée par une terrible maladie, ses dernières paroles ont été : « Je vais à la lumière, à l’amour, à la vie… »

La spiritualité d’Elisabeth est synthétisée dans la célèbre prière qu’elle rédigea : Ô Trinité que j’adore. Ce texte déploie le thème de l’habitation de Dieu, résumé dans la signification hébraïque de son nom Elisabeth qui signifie « Maison de Dieu ».

SAINTS LÉOCADE et LUDRE (IVe siècle) – 16 novembre

Saints Leocadre et Ludre

Léocade, sénateur des Gaules au IVème siècle, accueillit les premiers prédicateurs de la foi chrétienne venus à Bourges. Il leur offrit son palais afin qu’il soit transformé en église.

Son fils, Ludre, a été baptisé avec son père, par saint Ursin. Il est mort jeune, encore vêtu du vêtement blanc des néophytes. Il repose dans la crypte de l’église de Déols, dans un sarcophage gallo-romain, en marbre de Paros, sculpté de scènes de chasse.

SAINT JACQUES DE SAXAU, ermite (IXe siècle) – 19 novembre

Soldat d’origine grecque, il entra dans la vie monastique, fut ordonné diacre, menant une vie de prière et de pénitence. Parti en pèlerinage vers l’Occident, il aborde en Corse, se rend à Rome, à Gènes puis en Gaule. Il va alors à Lyon, puis à Clermont où il est accueilli par l’évêque du lieu qui l’ordonne prêtre. Pour éviter les foules qui venaient déjà vers lui, il demanda à l’évêque de gagner le Berry. Après un temps au monastère de la Nef (Bourges), il finit par rejoindre les bords de la petite Sauldre en un lieu appelé Sassau (aujourd’hui, La Chapelle d’Angillon). Il vécut là en ermite, avec un seul disciple, Jean, dans la pauvreté volontaire la plus extrême, se faisant remarquer par son don de prophétie. Après sa mort, ses reliques furent abondamment vénérées, surtout lors des calamités publiques.

SAINT CHARLES DE FOUCAULD, ermite, prêtre, missionnaire (1858-1916) – 1er décembre

Saint Charles de Foucauld

Ajoutons simplement qu’avant et après sa conversion, Charles de Foucauld vint en Berry au Château de la Barre sur la commune de Scoury, où il retrouvait sa cousine et confidente Marie de Bondy. Il découvrit la vie monastique chez les Trappistes de Fontgombault. Ordonné prêtre, il eut l’occasion d’y revenir à plusieurs reprises, notamment avec un jeune Touareg.

SAINT CYRAN, abbé (VIIe siècle) – 5 décembre

Berrichon d’origine, ayant fait de brillantes études à Tours, et occupé des postes prestigieux à la cour du roi Clotaire II, il refusa d’épouser une fille de prince pour se consacrer à Dieu. Archidiacre de Tours, il donne tous ses biens aux pauvres et finit par renoncer à ses fonctions jusqu’à quitter la ville épiscopale. Après un pèlerinage à Rome, il choisit de s’installer en Brenne, à Méobecq, pour y vivre dans la sainteté en compagnie de quelques frères. Plus tard, il s’installe sur les bords de Claise, en un lieu-dit Longoret, où il bâtit un monastère pour une vie tout entière consacrée à la prière et aux jeûnes. Il décéda en 655, en ce lieu qui désormais porte son nom : St Cyran.

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