Lettre de Monseigneur de Bataille sur la proposition de loi sur la fin de vie

A tous les catholiques du Berry

Bourges, le 18 juin 2026

Chers frères et sœurs dans le Christ,

La proposition de loi pour légaliser l’euthanasie et le suicide assisté revient à l’Assemblée nationale à partir de lundi prochain. Si une telle loi passait, ce serait une régression sociale majeure aux très graves conséquences, comme nous le voyons dans les pays qui ont transgressé cet interdit fondamental (Belgique, Pays-Bas, Canada, Suisse…). C’est la conception même de l’homme, de la fraternité et de la civilisation qui se joue là.

Nous savons combien la tentation peut être grande, dans une culture de la performance et de l’autonomie absolue, de considérer certaines vies comme moins dignes d’être vécues, sans parler des raisons économiques : ceux qui coûtent trop à la société doivent disparaître. Dans notre société marquée par la peur de la souffrance, de la solitude ou le sentiment d’être devenu inutile, nous avons à témoigner d’une autre manière de regarder la personne humaine et de l’accompagner quand elle est touchée par l’âge, la maladie et la fragilité.

Ces débats sur la fin de vie engagent notre conscience humaine et chrétienne. Par fidélité au Christ et à l’Évangile, par fraternité avec les plus vulnérables, nous ne pouvons pas rester passifs. Je vous invite donc à approfondir personnellement ces questions, à former votre conscience à la lumière de l’Évangile et de l’enseignement de l’Église, et à soutenir tous ceux qui œuvrent dans les soins palliatifs, l’accompagnement des malades et la présence auprès des personnes âgées. Il est aussi possible d’exprimer ses convictions auprès de ceux qui sont chargés de faire les lois en notre nom à tous.

De plus, la Conférence des évêques propose neuf jours de prière pour toute la France, pour confier au Seigneur cet enjeu majeur, pour prier pour les personnes en fin de vie et pour tous ceux qui les accompagnent. Je souhaite que tout notre diocèse entre dans cette prière fervente et persévérante. Rien n’est fait, tout est possible, faisons le maximum pour éviter un drame aux conséquences innombrables.

Face à la gravité de cette situation, nous voulons répondre par la prière et l’engagement personnel, par la charité et l’espérance.

Confions cette intention à la Vierge Marie, Notre-Dame de Compassion et de miséricorde, qui était debout au pied de la Croix auprès de son Fils, qui est avec tous ceux qui souffrent.

+SYLVAIN BATAILLE
Archevêque de Bourges

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