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TEMOIGNAGE DU PERE LEBRUN, PRETRE ACCOMPAGNATEUR

Le cancer qui, un jour, se dévoile à une personne n’est ni une tare ni une honte. Il est comme une faille ou un mur qui se dresse devant soi. Il coupe le chemin bien tracé d’une vie quotidienne simple et sans trop de problèmes. Il devient une question…

JE SOIGNE MON CANCER

 

Le cancer qui, un jour, se dévoile à une personne n’est ni une tare ni une honte. Il est comme une faille ou un mur qui se dresse devant soi. Il coupe le chemin bien tracé d’une vie quotidienne simple et sans trop de problèmes. Il devient une question… Jusqu’à quand ? Comment cela va-t-il se terminer ? Mille questions ouvertes et sans réponse. J’ai eu la chance d’oser en parler dès l’annonce de la première opération. Partager une souffrance, une peur c’est déjà regarder le mal en face, le jauger, le dire et donc le dominer. Oui, j’ai eu cette chance avec des amis, des frères et sœurs de regarder le mal bien en face, de le défier !

 

   Le chemin n’est pas simple … Qu’un beau jour, un ami atteint du même mal, dans les mains du même médecin, avec des rendez-vous au même moment vienne à récidiver et à mourir, il n’y a plus de défi mais un humble mouvement d’espérance et toujours ces questions : pourquoi lui et pas moi ? Est-ce pour bientôt ? L’espérance bâtit ce que l’on veut croire !

Soigner un cancer, c’est peut-être tout simplement cela : accueillir chaque jour comme un jour donné, cadeau, à la fois répit et foi en la guérison possible : Pourquoi pas ?

 

   Et puis vient un jour d’apocalypse, lorsque le diagnostique se fait clair : la récidive ! J’en parle aujourd’hui librement parce qu’au lendemain de la 2è opération, j’ai compris que le mal était en bonne évolution… Un temps, j’ai perçu la mort au bout du chemin, inexorable ! Il m’a fallu, ce jour-là, forcer la confiance. Ai-je prié ? Je ne sais pas. L’étape est rude !

 

    Et la confiance est revenue grâce aux visites, à ces mots du cœur qui font revivre… Trente cinq fois, je suis allé recevoir ma petite dose de rayons, on dit radio-thérapie. Le médecin, rassurant, énonce les inconvénients à ressentir et l’absence de douleur. Il parle vrai. La machine est impressionnante ! Vue sa taille et sa démarche majestueuse, elle ne peut que réussir ! Les rendez-vous du petit matin à 8 h 10 devinrent des lieux de communion dans l’amitié, de complicité dans la maladie à vaincre.

 

    Comme à Lourdes, au pèlerinage Lourdes Cancer Espérance, l’ambiance est détendue. Les manipulatrices des machines sont toute gentillesse, toute délicatesse, attentives à expliquer… L’amitié surgit au cœur du désarroi ! Tout autant que le travail de la machine, l’amitié, les croisements du regard, les mots tout simples de sympathie deviennent chemin de guérison.

 

    Merci aux amis qui par internet dites votre chemin de guérison, les jours meilleurs, les moments de déprime… Voilà qui donne à sortir de soi, à regarder largement au-delà de soi et fait renaître la certitude que le mal peut être vaincu. Merci à vous, médecins qui faites du bon boulot aussi bien par vos paroles que par vos instruments, merci à vous les « manipulatrices » qui, à longueur de jour dans l’ombre de la salle des machines, allumez dans les cœurs la foi en la vie et la guérison possible !

 

     Merci à vous, ces milliers de « cancéreux » qui au pèlerinage de septembre, avec LCE, avez imposé à Lourdes cette image que notre Pèlerinage s’appelle désormais « le pèlerinage du sourire ». Merci à vous tous les berrichons en mouvement avec LCE. Nos rencontres sont vraiment des temps de soins qui vont jusqu’à la racine du mal, je veux dire le rayonnement de l’Espérance. Victoire de l’amour !

 

                                                                                          Père Francis Lebrun

Accompagnateur LCE 18 et LCE 36