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Dimanche 11 octobre 2015 - Journée de la Vie Consacrée

Célébration pour la vie consacrée du 11 octobre 2015, célébration en la cathédrale St Étienne de Bourges.

Première lecture : Sg 7, 7-11

Psaume 89

Deuxième lecture : He 4, 12-13

Évangile : Mc 10, 17-30


L’Evangile que nous venons d’entendre prend tout son sens en ce dimanche où nous fêtons la vie consacrée voulue au cours de cette année par le pape François lui même jusqu’au 2 février 2016.

Nous pouvons en effet facilement nous identifier aujourd’hui encore à cet homme qui court et fait cette belle demande à Jésus : « Que faire pour avoir la vie éternelle ? » C’est un homme de bonne volonté : les commandements, il les connaît et il les met en pratique « depuis sa jeunesse ». On peut l’identifier à telle ou telle personne de notre entourage de bonne volonté qui est en recherche de sens pour sa vie.

Et il y a cette belle scène émouvante, silencieuse : « Jésus posa son regard sur lui et il l’aima ». Si nous sommes chrétiens, si nous sommes baptisés, nous pouvons dire que nous avons bénéficié de ce regard qui change tout de Dieu sur nos vies, qui fait de nous un chrétien, un fils de Dieu, un peu comme une famille regarde et aime son fils. Et Jésus lui propose un pas, un changement de vie qui passe par une rupture, un dépouillement : « Viens, suis-moi ! » Mais l’homme, triste, refuse ce passage et renonce. Et Jésus respecte sa liberté, son refus.

Ceux qui sont engagés dans la vie religieuse ont fait ce choix de vie radical, parfois incompris de nos contemporains, qui se traduit par les trois vœux : obéissance, choix du célibat, pauvreté, pour venir et suivre Jésus pour accéder au trésor du Ciel. L’Eglise, dans son histoire, a tenu à ce que ce signe fort soit incarné dans des vies d’hommes et de femmes, pour souligner la place de Dieu... et c’est l’œuvre de Dieu qui prend la place des logiques humaines pour que Jésus l’exprime en répondant à la question «  Qui peut être sauvé ? Impossible pour les hommes, mais pour Dieu tout est possible. »

Cette difficulté ne s’applique pas seulement aux religieux : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le Royaume de Dieu ! » Cette phrase a encore une densité plus grande qu’aujourd’hui avec les progrès de la civilisation, des techniques, du confort, du niveau de vie, de l’argent souvent mis en valeur par des scandales. Chacun de nous, quelle que soit sa condition, doit rester libre à l’égard des biens, de la réalité. Etre chrétien, c’est vivre une liberté spirituelle dans tous les domaines de l’existence et le signe concret en est : quelle place faisons-nous à la gratuité et au partage dans nos existences ?

D’ailleurs, les religieux ont, tout au long de leur vie, à réassumer les engagements des trois vœux et du témoignage de la vie fraternelle tout comme les promesses les plus solennelles du mariage ne mettent pas à l’abri des tentations, conséquences de cette liberté à laquelle nous tenons légitimement. Dans notre monde actuel, nous sommes plus que jamais livrés à nous-mêmes, il n’y a plus le même encadrement social ou familial.

Nous avons, en Eglise, besoin les uns des autres pour bien vivre de manière épanouissante la condition particulière de chacun : le témoignage spécifique des consacrés sont un témoignage stimulant, vivifiant pour tous les fidèles et les prêtres, et le témoignage de la qualité de vie chrétienne des fidèles est un soutien encourageant, puissant pour les consacrés.

La vie des consacrés dans notre Eglise diocésaine peut laisser résonner cette exclamation de notre pape François qui est à la fois un constat, une invitation et un programme : « Là où il y a les religieux, il y a la joie », cette joyeuse vie éternelle déjà engagée au présent sur cette terre.

Ce que j’attends de la vie consacrée dans ce diocèse de Bourges :

  • Que les communautés religieuses soient des lieux de prière, de partage de la prière, d’apprentissage et d’éducation à la prière pour les fidèles. Dans notre monde d’initiation, beaucoup ont besoin d’apprendre la prière chrétienne.
  • Que les communautés religieuses nous ouvrent à la réalité de l’Eglise universelle, au-delà de nos frontières, de nos cultures trop exclusivement européennes. La plupart des congrégations ont en effet une ouverture, une présence sur d’autres continents.

En conclusion, permettez-moi d’évoquer cinq invitations que nous lance le pape François dans sa lettre apostolique à tous les consacrés(1) :

  1. Que soit toujours vrai ce que j’ai dit un jour : « Là il y a les religieux, il y a la joie ».
  2. J’attends que « vous réveilliez le monde » parce que la note qui caractérise la vie consacrée est la prophétie.
  3. J’attends que la « spiritualité de communion » devienne réalité.
  4. J’attends encore de vous ce que je demande à tous les membres de l’Eglise : sortir de soi-même pour aller aux périphéries existentielles.
  5. J’attends que toute forme de vie consacrée s’interroge sur ce que Dieu et l’humanité d’aujourd’hui demandent.

 

+ Armand MAILLARD

Archevêque de Bourges

 

(1) Pape François, Lettre apostolique à tous les consacrés, 21 novembre 2014.