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Dimanche 9 septembre 2017 - Installation comme curé de M. l'abbé Serge Liger

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Installation comme curé
de M. l’abbé Serge LIGER

Levroux, samedi 9 septembre 2017
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Homélie de Monseigneur Maillard

 

1re lecture : Ez 33, 7-9
Psaume 94
2e lecture : Rm 13, 8-10
Evangile : Mt 18, 25-20

 

Frères et Soeurs,


Les lectures que l’Eglise propose à la méditation des chrétiens du monde entier sont très simples à comprendre et en même temps nous disent l’essentiel de notre foi chrétienne et nous invitent à les mettre en oeuvre dans notre comportement le plus quotidien :

 

  • être un guetteur pour la maison d’Israël,
  • l’amour ne fait rien de mal au prochain. Le plein accomplissement de la Loi, c’est l’Amour.
  • la mise en oeuvre du pardon avec les frères.
  • 2 ou 3 réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux.


Ce que nous venons d’entendre s’adresse à nos communautés paroissiales, tout spécialement aujourd’hui, ici au moment où vous accueillez de manière renouvelée vos pasteurs au service de votre communauté. Le mot même de curé ne dit-il pas littéralement « celui qui a soin, qui prend soin ».

Le prêtre en effet, comme l’évêque, veut servir l’unité, le rassemblement, la fraternité qui doit lier les fidèles entre eux et c’est un ministère qui n’en finit pas de s’accomplir : on ne peut pas, sous l’autorité de l’Evangile, accepter les divisions, les jalousies, les rumeurs malveillantes. Le prêtre cherche à toujours rétablir la communion ; tous les fidèles bien sûr sont différents par l’âge, la culture, la situation, la fortune, l’histoire. Le prêtre le sait mais il rassemble, crée de la fraternité : c’est la mission qui lui est confiée :

L’Evangile n’ignore pas cette situation, cela existait comme une difficulté lors de l’Eglise naissante, quand l’Evangile est écrit. Et l’on recherche avec insistance la réconciliation :

 

  • Si ton frère a commis un péché contre toi ;
  • S’il ne t’écoute pas ;
  • S’il refuse.


C’est une grande insistance, une persévérance. On ne renonce pas trop vite à la réconciliation avec cette phrase de conclusion : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié au ciel...

Ainsi est souligné le rôle du pardon qui est un sacrement, pas seulement une oeuvre humaine de notre bonne volonté, mais le travail de Dieu dans nos existences : le pardon est au-dessus de nos forces, c’est Dieu qui nous le donne, nous l’offre et nous transforme.

C’est aussi le ministère du prêtre en proposant et en mettant en oeuvre ce pardon, cette réconciliation avec soi-même et avec les autres.

Chacun de nous est concerné par cette interpellation : il y a dans nos vies, dans nos histoires, des événements de divisions, de désaccord, de haine, parfois même jusque dans nos familles. Chrétiens, nous nous retrouvons dans notre communauté chrétienne pour surmonter nos divisions et ne pas en prendre notre parti. D’ailleurs, toute eucharistie, nous le savons bien, commence par un temps pénitentiel où l’on se reconnaît pécheur. C’est en quelque sorte une opération-vérité où nous acceptons de voir la réalité en face et de changer notre manière d’être, de juger, de parler. 

Le prêtre, enfin, a le souci dans sa parole, son comportement, d’être fidèle à la Parole, à l’enseignement de Jésus lui-même, pas seulement de dire les mots mais de les mettre en oeuvre et d’actualiser cette Parole du Seigneur. C’est un rôle d’enseignant et de formateur des consciences dans toutes les circonstances, événements douloureux ou heureux. A cet égard, quelle belle mission que j’aurais envie de résumer par cette phrase de saint Paul aux Romains :

« Le plein accomplissement de la loi, c’est l’amour » ou encore cette présence du Seigneur au milieu de nous : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux ».

Jésus, le Seigneur, présent au milieu de nous. Quelle belle expérience forte nous faisons ! dont le prêtre est le premier témoin.


En conclusion, je voudrais dire que l’Eglise vous confie les prêtres à votre service : d’une certaine manière, ils dépendent de vous, de votre confiance, de votre accueil, de votre dialogue ; c’est encore plus vrai au moment où ils entament devant vous et avec vous une nouvelle étape de leur existence : leur équilibre de vie, leur santé, leur vie chrétienne personnelle sont entre vos mains. Vos joies, vos peines deviennent leurs joies et leurs peines partagées et réciproquement.


Je vous transmets comme une mission personnelle cette invitation faite par le Seigneur au prophète Ezéchiel :
« Je fais de toi un guetteur ». Que fait le guetteur : il voit, il repère, il avertit et il sauve et aide les autres à voir clair et à voir ce qu’ils n’auraient pas vu seuls. Dans notre vie chrétienne, nous pouvons être pour d’autres des guetteurs et d’autres peuvent avoir été des guetteurs qui nous ont aidés à voir clair et à prendre les bonnes décisions.
Penser aux prêtres d’aujourd’hui, ce n’est pas oublier l’avenir, l ’avenir des prêtres.


C’est la responsabilité de nos communautés de ne pas oublier d’inviter des jeunes à se poser la question de l’appel de Dieu dans leur vie.


+ Armand MAILLARD
Archevêque de Bourges