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Dimanche 30 juillet 2017 - Messe

Homélie de Mgr Maillard.

Pour télécharger l'homélie, cliquez ICI.

 

Messe

Cathédrale

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Homélie de Monseigneur Maillard

 

Première lecture : 1 R 3, 5.7-12

Psaume 118

Deuxième lecture : Rm 8, 28-30

Evangile : Mt 13, 44-52

 

 

 

   L’Evangile de ce dimanche prolonge la logique des paraboles des dimanches précédents : c’est à la fois si simple à comprendre et en même temps interpellant pournotre propre vie de foi personnelle :

     - Le trésor est caché, il faut le chercher ; mais c’est un trésor qui n’a pas de prix et qui mérite de tout sacrifier.

     - De même, la perle fine de grande valeur. On vent tout ce qu’on possède et on achète le champ pour le trésor, la perle.

     Pouvons-nous dire que la foi dans notre existence nous place dans cette attitude radicale : tout vendre de ce que nous possédons pour acheter ?

     Probablement que nos situations nous paraissent plus complexes par le style de vie qui est le nôtre, pour le confort de nos maisons, les techniques qui sont à notre service : la situation de la société du temps de Jésus n’est pas comparable avec la nôtre à tous points de vue. Et même dans notre histoire, nos grands parents vivaient dans un environnement moins équipés : comment, dans ces conditions, laisser résonner, entendre, comprendre ces mêmes paroles et paraboles qui ont traversé 21 siècles d’histoire ? Sont-elles seulement témoins du passé appartenant aux archives que l’on consulte pour connaître l’histoire de nos ancêtres ou sont-elles encore des paroles qui peuvent nous aider à vivre dans la dynamique de l’Evangile dans le contexte d’aujourd’hui avec les facilités qui nous sont offertes ? Autrement dit, comment, au nom de Dieu, n’être esclave de rien, d’aucune réalité ? Comment être et rester des femmes et des hommes libres au milieu de toutes les sollicitations, publicités, modes, slogans à la mode ? Notre société perçoit souvent les religions comme des obstacles à la liberté, à l’épanouissement des personnes… L’idéal de nos contemporains serait un individu roi… On voit bien qu’à l’usage, les choses ne sont pas aussi simples, les choix qu’impliqueraient les dernières sollicitations électorales ne paraissent pas évidents à beaucoup, certains même se sentent abandonnés, oubliés.

     Peut-être que la réponse adaptée aux questionnements de l’Evangile serait : quelle hiérarchie des valeurs dans notre existence ? Qu’est-ce qui est permis ? Qu’est-ce qui est secondaire ? Que sommes-nous prêts à sacrifier dans nos choix de vie ? Qu’est-ce qui joue dans nos choix d’existence ? Est-ce la fatalité, le hasard, pour choisir des études, pour un mariage, une profession ou même pour décider d’une naissance ? Nous pourrions relire notre passé et continuer à envisager notre avenir en ayant un recul fondateur ! Mais ce peut être dans des choix plus ordinaires de la vie par rapport à des achats, à l’usage de l’argent, à l’engagement au service d’une cause ou dans l’organisation de nos loisirs, dans l’engagement au service de la société, des pauvres, du développement du monde ? La vie spirituelle, la lecture de la Parole de Dieu, la prise de connaissance de l’enseignement de l’Eglise, de sa doctrine sociale, peuvent être de bons moyens d’éclairer la conscience pour faire de bons choix qui nous apportent un vrai bonheur dans des choix de vie.

     La seconde partie de l’Evangile, à partir du filet en mer, nous décrit notre condition présente, où il y a du bon et du mauvais mais le temps du tri et du discernement est reporté à la fin du monde et c’est le travail des anges.

     C’est le contexte habituel de notre vie. Le bon, ce n’est pas forcément nous, et les autres le mal. L’ambiguïté est d’autant plus grande qu’elle traverse chacun de nous. Notre condition est d’être des pécheurs qui ont besoin du pardon et de la miséricorde. Chacune de nos eucharisties commence par une demande de pardon pour nous-mêmes et pas seulement pour les autres ! Et c’est Dieu qui nous accorde le pardon, il suffit que nous nous reconnaissions pécheurs et que nous accueillions son pardon. Il ne faut pas sous-estimer et en quelque sorte escamoter ces premiers temps de notre démarche ; tant que nous sommes vivants dans notre condition terrestre, ce sacrement nous est proposé, c’est dire que le pardon comme tout sacrement est d’abord un don de Dieu. Un autre mot est important, c’est le mot « conversion », c’est-à-dire un changement de vie pour suivre Jésus à la suite des disciples.

     En tout nous sommes tournés vers l’avenir, vers la fin du monde où le tri, la séparation entre les méchants sera accomplie par les anges eux-mêmes. Bien sûr, nous n’avons pas à prendre la place des anges dans ce rôle de justicier !

 

+ Armand MAILLARD

Archevêque de Bourges