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Dimanche 17 septembre 2017 - Installation comme curé de M. l'abbé Stéphane Maritaud

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Installation comme curé
de M. l’abbé Stéphane MARITAUD

Châteauroux, dimanche 17 septembre 2017
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Homélie de Monseigneur Maillard

 

1re lecture : Si 27, 30 - 28, 7
Psaume 102
2e lecture : Rm 14, 7-9
Evangile : Mt 18, 21-35

 

Frères et Soeurs,

La rentrée est toujours un événement important pour la société, pour les familles, pour les enfants et l’école et donc aussi pour les communautés chrétiennes que sont en premier lieu les paroisses.

C’est particulièrement vrai pour vous qui accueillez pour vous servir un nouveau curé, le Père Stéphane, que vous connaissez déjà et qui connaît un certain nombre d’entre vous par les fonctions de vicaire général qu’il exerçait à l’échelon du diocèse. Que ce soit pour lui et pour vous une nouvelle étape dans son service de prêtre et pour vos communautés.

En effet, une rentrée n’est pas qu’une continuité du passé, c’est aussi toujours une part de nouveauté, d’imprévu, de renouvellement. Le renouvellement peut venir d’un accueil de l’Evangile qui ne vieillit pas, qui peut interpeller et changer nos vies même quand on ne s’y attendait pas ; à tout âge de la vie, il peut venir des événements du monde qui peuvent interpeller l’Eglise de l’extérieur ; songeons aux bouleversements même politiques qui ont marqué depuis un an notre société, ou même ces catastrophes météo, les attentats toujours imprévus, les migrations qui gardent une grande actualité.

Ce renouvellement passe aussi par la venue de personnes nouvelles qui apportent leur expérience, leur personnalité. Nos communautés chrétiennes sont traversées par ces sollicitations, par ce dialogue permanent Eglise-monde qui fut une invitation permanente et pressante du dernier concile Vatican II. L’histoire ne se répète pas, elle se renouvelle, elle ne doit pas nous faire peur.

Le rôle du pasteur et du prêtre est de toujours principalement rassembler les fidèles dans leur diversité pour qu’ils construisent une communauté fraternelle qui n’en finit pas de se rassembler au nom du même Seigneur dans la fidélité à la Parole de Dieu et à l’enseignement de l’Eglise.

A cet égard, la relation de confiance entre le prêtre et les fidèles est un signe fort ; mais c’est déterminant aussi pour l’équilibre de vie personnelle du prêtre et pour sa santé. Il devient solidaire de ce qui vous marque, des événements heureux et parfois douloureux de vos existences, de vos familles. Son célibat n’est pas synonyme de solitude et d’isolement, il est au servie d’une communion dont chacun de nous est responsable à sa place, dans la foi, la prière.

L’Evangile de ce jour n’est pas étranger à notre préoccupation qui nous interpelle sur la place du pardon dans nos vies, un pardon que nous recevons, un pardon que nous pouvons donner, qui concerne nos communautés chrétiennes, nos vies personnelles et nos familles et qui est une contribution à la construction de communautés authentiquement fraternelles.

Entendons déjà l’étonnante formulation de Ben Sirac le Sage : « Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait, alors à ta prière tes péchés seront remis. » Cela veut dire : Si je pardonne à mon prochain, mes péchés sont pardonnés. C’est la dynamique originale du pardon selon l’enseignement biblique.

Saint Paul, dans sa lettre aux Romains, nous invite à mener une vie décentrée : « Aucun d’entre nous ne vit pour soi-même, nous vivons pour le Seigneur... nous mourons pour le Seigneur. » Nous pouvons laisser résonner dans nos existences personnelles, au-delà des réponses toutes faites : pour qui vivons-nous en profondeur dans le réel et le quotidien de nos jours ?

A la question de Pierre : « Combien de fois dois-je pardonner à mon frère ? », Jésus répond de manière provocante : « 70 fois 7 fois ». C’est-à-dire de manière infinie tout au long de sa vie. Le pardon a une grande place dans l’Evangile, c’est la place du mal dans nos existences : le mal existe, comment allons-nous nous situer : le vaincre, le nier, le surmonter, sombrer dans l’escalade de la violence et de la force ? Certains pensent que pardonner, c’est faire preuve de faiblesse, il vaut mieux être plus fort et vaincre.

Reconnaissons-le : chacun de nous a à se situer par rapport à des ennemis, à vivre des désaccords, des conflits même dans des familles, avec des voisins, avec des collègues. Dans l’éducation des enfants, l’apprentissage du pardon n’est pas un détail.

N’avoir jamais pardonné dans sa vie, apprendre à se réconcilier. Il faut peut-être du temps mais il ne faut pas y renoncer, ce n’est pas facultatif !

L’Evangile nous invite à avoir un comportement cohérent. Celui qui a reçu le pardon de son maître se montre très dur avec son compagnon qui lui doit de l’argent.

Il demande le pardon pour lui-même, il refuse de le donner à un compagnon. En même temps, nous voyons que le pardon est parfois au-dessus de nos forces humaines.

L’Eglise le sait très bien, elle qui en a fait un sacrement, c’est-à-dire l’oeuvre de Dieu dans nos vies. Le mot même de pardon veut dire un « sur-don ». D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que nous commençons chacune de nos eucharisties en nous reconnaissant pécheur et que nous posons ce signe du partage de la paix.

+ Armand MAILLARD
Archevêque de Bourges