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Dimanche 11 septembre 2016 - 70e anniversaire du parrainage Berry-Alsace

Messe à l'occasion du 70e anniversaire du parrainage Berry-Alsace.

Pour télécharger l'homélie, cliquez ICI

 

Evangile : Lc 15, 1-32

     
L’évangile de ce jour est très connu mais le contexte lui donne un relief particulier. En effet, les uns, les publicains et les pécheurs, viennent pour l’écouter ; d’autres, les pharisiens et les scribes, le contestent et lui reprochent ses paroles et ses manières d’être : « Il fait bon accueil aux pécheurs et il mange avec eux ». Car manger avec quelqu’un, c’est être proche de lui, être d’accord. Le contexte d’aujourd’hui n’est-il pas semblable : des fidèles écoutent, accueillent la Parole de Dieu et l’enseignement de l’Eglise ; d’autres contestent, reprochent...


Jésus va donc répondre, se justifier face aux objections et, si nous les lisons aujourd’hui, vingt siècles après, c’est qu’elles gardent toujours leur actualité dans nos comportements.


Les trois paraboles nous indiquent la même ligne de conduite et nous indiquent la logique qu’illustre l’Evangile qui est logique par rapport à nos logiques humaines :
 

   1/ D’abord, l’image du troupeau de cent brebis ; la centième brebis égarée prend une valeur infinie, il faut aller la rechercher dans le désert en ayant l’air de négliger les quatre-vingt-dix-neuf autres. Et, une fois retrouvée, c’est la joie, la fête, les amis : « Réjouissez-vous avec moi ». On aurait pu penser que 1% de perte, c’est peu : chaque brebis a une valeur infinie.


     2/ De même, l’attitude de la pauvre veuve qui perd une de ses dix pièces d’argent. Elle va la rechercher, la retrouver et c’est la grande joie, la fête : « Réjouissez-vous avec moi ». La joie, pour un seul pécheur qui se convertit.


     3/ La parabole du Fils prodigue retrouvé reste dans la même logique. Le Père illustre bien la figure et l’attitude de Dieu lui-même : le père perd son fils le plus jeune qui quitte la maison, gaspille, puis il le retrouve, fête son retour dans la joie et un banquet, et reconstitue la famille, y compris avec le fils aîné qui est jaloux.
     
Ainsi, c’est le même comportement de Dieu qui est illustré : on perd, on recherche, on retrouve, on fête dans la joie. Dans un cas, il s’agit d’animaux, puis de biens de l’économie et, enfin, d’une personne humaine, d’un fils, d’un membre de la famille. Cela touche donc les réalités concrètes qui habitent nos vies aujourd’hui encore : cela touche à l’économie, on dirait la finance, et cela touche à la vie familiale.


C’est dire que, pour Dieu, chaque chose, chaque personne, est importante et cela nous invite à porter la plus grande attention à chacun : chaque personne a une grande valeur.


Cela nous indique que rien n’est perdu définitivement, qu’il n’y a pas de situation désespérée. Il s’agit de passer de la perte, de l’échec, à un nouveau départ, à la nouveauté et d’y croire. C’est le sens même de l’espérance, du pardon que permet et met en œuvre la miséricorde à laquelle nous invite le Saint-Père lui-même au cours de cette année.


L’expérience du pardon dans nos vies va dans ce sens : qu’il soit vécu dans nos vies ordinaires, dans nos familles ou qu’il soit célébré dans le sacrement que nous expérimentons, c’est Dieu qui vient au devant de nous et nous aide à repartir pour une vie nouvelle.


C’est vrai aussi à l’échelle de l’histoire des hommes, que l’on voit souvent comme une histoire de guerres ou de conflits, violences, persécutions, mais on peut aussi dire que la paix a eu le dernier mot, qu’il y a eu la réponse de la sainteté capable de prendre des initiatives pour un véritable progrès humain, technique, scientifique, dans la communication et même dans le confort de nos vies.


Les terribles guerres du XXe siècle entre nos peuples n’ont pas empêché souvent de travailler avec des chrétiens motivés à la réconciliation, à l’organisation d’instances humaines pour notre Europe.


La rencontre festive de ce jour entre Wittelsheim et le Cher est la meilleure illustration pour aujourd’hui de la logique de l’Evangile. La perte, l’échec n’ont pas le dernier mot, nous sommes faits pour la célébration joyeuse d’une fraternité toujours à reconstruire.


Même dans le contexte agité, inquiet, tragique parfois que nous avons vécu au cours de cet été, osons croire et prenons les moyens de faire de nos religions des forces de paix au service de l’homme. Alors qu’elles ont pu apparaître dans l’histoire comme source de divisions et même de guerre et de violence.


Que d’interrogations sur les réactions de nos peuples d’Europe face aux migrants... Que 2000 migrants meurent en mer durant cet été ne suscite pas d’émotion !... La seule réaction : protégeons-nous, fermons nos frontières !...

     
     
     
     + Armand MAILLARD
     Archevêque de Bourges