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La particularité la plus visible du plan de Bourges est l'absence de transept.

A l'époque romane, de grands édifices comme St-Sernin à Toulouse, Cluny, ont des transepts très saillants qui forment les bras d'une croix. C'est ce que l'on retrouve à Noyon et à Laon. Cf. aussi certaines églises romanes berrichonnes. D’autres n’en ont pas, Vignory par exemple.

Peu avant Bourges, on construit des cathédrales et des églises sans transept : Vézelay, Sens, Senlis, la collégiale de Mantes, ou comportant des transepts peu ou pas saillants comme à ND de Paris.

Cependant Bourges reste un cas à part si on la compare aux autres grandes cathédrales qui auront presque toutes un transept, quoique moins saillant que les transepts romans.         

L'image traditionnelle est celle d'une église en forme de croix . L'absence de transept dérange, semble-t-il, ne correspond pas au schéma habituel. On ajoute un transept à Senlis au XIIIème siècle, à Sens au XVème. Il y a eu à Bourges un faux transept entre le XIVème et le XVIIIème siècle ...

Ce qui résulte de ce plan est un espace unique, culminant dans la nef centrale, vers lequel tout converge. Personne n'a de raison de faire ses dévotions devant un mur nu, on se tourne naturellement vers le centre. Il n'y a pas de coupure entre la nef et le chœur provoquée par le transept et les piliers de la croisée. La limite entre le chœur et la nef est arbitraire. Elle sera déterminée par le nombre des chanoines et autres clercs.

Si l’absence de transept va dans le sens de la simplicité, le double collatéral se prolongeant par un double déambulatoire autour du chœur et s’ouvrant vers l’ouest par cinq portails est un choix ambitieux. Ce choix apparaît encore plus original quand on considère l’élévation de la cathédrale.