Portail du jugement dernier

Célèbre, il utilise une iconographie courante à partir de 1200. Le personnage central dont il convient de parler en premier est le Christ. Sculpté en saillie, d'une taille qui rappelle celle des Chrits romans, il a le torse complètement nu (ce qui est très exceptionnel) et montre ses plaies dans un geste qui fait penser à un geste d'accueil. Ce n'est plus le Christ glorieux de l'Apocalypse (Ap., 4, cf. portail sud) mais le Christ incarné qui a souffert sa passion. Il n'a plus de mandorle, il n'a même plus le nimbe crucifère traditionnel. Au dessus : soleil et lune présentés (Ap. 21, 1 et 5) ou enlevés (Ap. 21, 23) par les anges. Quatre anges (au lieu de deux en général) portent les instruments de la passion. La Vierge et St Jean l'Évangéliste implorent. Sous les pieds du Christ, une scène difficile à interpréter (cf. Christe) et deux basilics dont les cous sont entremêlés : signe de la victoire sur le mal et la mort (?). Nous sommes déjà au registre inférieur, celui de la séparation entre élus et damnés. Grande importance de l'archange St Michel (et de son sourire). A sa droite, les élus et la figuration du ciel : les âmes dans le sein d'Abraham. En tête des élus, St Pierre et ses clefs suivi d'un moine cordelier (St François, mort en 1226, canonisé en 1228). Le roi ne peut être St Louis qui était alors bien vivant. Cf. les hypothèses de L. Brugger concernant les enfants qui accompagnent les élus. La symétrie de la composition accentue le contraste entre le côté du paradis et celui, très agité, de l'enfer.  La résurrection du registre inférieur : hommes et femmes soulèvent la pierre qui recouvrait leur caveau, tous sont nus, sauf un évêque qu' on ne retrouve pas parmi les élus (il y a par contre deux évêques de l'autre côté !). Tous ont le même âge, trente ans, l'âge du Christ, selon la tradition du Moyen Âge. Voussures : Pas d'éléments narratifs comme à St Denis, Chartres, Paris etc. 1: 12 séraphins. 2: 12 anges. 3: 14 saints. 4: 16 confesseurs. 5: 18 martyrs. 6: 20 rois ou prophètes. Noter que sur le gâble qui surmonte l'archivolte le Christ Juge, Marie et St Jean sont représentés formant ainsi un second jugement. La rosace qui évoque selon J.Y. Ribault la roue de la fortune comporte 8 figures féminines. Pour certains ce sont les vierges folles et les vierges sages (Mt. 25). Mais il en manquerait deux. Y. Christe évoque les 8 Béatitudes et un sermon de St Bernard (cf. revue Archéologia). L'état de ces figures est tel que la discussion sera bientôt close. Par contre, dans les écoinçons de chaque coté de la porte, sous le registre de la résurrection, les figures de femmes correspondent assez bien à Ste Marie Madeleine et à Ste Marie l'Égyptienne. Mais tout le monde n'est pas d'accord !