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La Belle Promise : Un visage des chrétiens d'Orient

Trois femmes chrétiennes vivant en Palestine vivent enfermées dans leur villa en essayant tant bien que mal de cultiver le souvenir de leur jeunesse privilégiée, jusqu'au jour où une nièce orpheline vient chambouler leurs habitudes.

Badia, orpheline de 19 ans, arrive dans la Villa Touma, à Ramallah, où habitent ses trois tantes, trois sœurs chrétiennes. Elles vivent Derrières leurs quatre murs, entretenant le souvenir du temps béni précédant la guerre des six jours en 1967. Un vieux serviteur musulman assure le jardinage, les travaux importants et les courses en ville.

Juliette qui règne avec poigne sur ce gynécée fait brûler les « haillons » de sa nièce qui vient d’un orphelinat et se charge de lui faire respecter les règles de cette « honorable maison ». Comme elle se désole que Badia ne connaisse ni le piano, ni le français, elle se résout à faire venir dans ce sanctuaire une étrangère qui lui donnera des cours.

 

 

Plutôt que les postes frontières, les soldats et les martyrs, la réalisatrice palestinienne Suha Arraf a voulu montrer des compatriotes qui ne seraient ni héros, ni victimes. Elle s’est concentrée sur la communauté chrétienne, autrefois majoritaire dans la ville, aujourd’hui sur le point de disparaître en raison de la diaspora de ses membres.

Le temps semble figé et le spectateur est plongé dans l'aristocratie d'une famille chrétienne des années 50. Rien ne bouge et tout reste droit. Il n'y a nulle place pour l'extravagance et pour l'amusement au sein de cette maison où la foi et l'ordre règnent en maîtres

Mais les tantes ont décidé de trouver un mari à Badia, forcément un chrétien issu d’une bonne famille de la ville. Cette quête va déranger car les portes de la villa vont s'ouvrir et réveiller les souvenirs des destins terribles de chacune des trois sœurs.

La vision très sombre de Suha Arraf, la réalisatrice qui signe ici son premier long-métrage et qui a déjà pu se faire remarquer comme scénariste de "La Fiancée syrienne" et des "Citronniers", cache une vision noire et sèche du repli communautaire, conséquence de l'occupation subie par la Palestine. "La Belle Promise" éprouve, indigne, donne l'espérance jusqu'au terme de ce compte noir aux faux airs de tragédie.

 

François Chasseriau

Le 10 juin 2015