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Homélie du dimanche 14 février - André Tourlonias

Chaque lundi de Carême, retrouvez l'homélie des vêpres du dimanche précédent d'un diacre du doyenné de Bourges sur le site internet diocésain. L'homélie du 14 février portait sur les lectures suivantes : (1Co9,24-25) et (Lc4,1-13).

Pour télécharger l'homélie, cliquez ici.

 

Le passage de la première lettre de Saint Paul aux corinthiens convient très bien pour entrer en carême. Elle est une invitation à nous dépasser, à nous exercer à concentrer nos forces pour atteindre un but : la vie éternelle auprès du Père.

La comparaison avec l’entrainement d’un athlète est très pertinente. Chaque année le carême, en effet est une période de préparation à la fête de Pâques, en passant par la passion et la mort du Christ sur la Croix. L’Eglise nous demande pendant cette période à faire effort pour changer nos mentalités et nos comportements, pour devenir plus forts dans le  combat spirituel de chaque jour.

L’évangile des tentations du Christ que nous avons entendu, doit être un point de repère.  

Jésus vient d’être baptisé. Le Saint Esprit s’est reposé sur lui sous la forme d’une colombe et on a entendu la voix du Père le désigner comme son Fils bien aimé. Jésus qui pendant une trentaine d’année a vécu comme un juif ordinaire, exerçant comme Joseph, son père adoptif, le métier de charpentier, est soudain poussé vers son ministère. Il a la révélation que le moment est venu d’accomplir le dessein de Dieu et de se manifester à son peuple.

Il a besoin de faire le point et poussé par ce même Esprit Saint, il se rend dans le désert de Judée qui borde la vallée du Jourdain. Il va se préparer à la vie qui l’attend. Là, il va prier et jeûner pendant quarante jours. La prière de Jésus est un long tête à tête avec son Père. Il va avoir la vision de ce qui l’attend. Mais il fait confiance à son Père 

Au bout de 40 jours il eût faim. Le démon s’approche car il est plus vulnérable :

Par trois fois il va tenter de distiller son poison :

« Si tu es Fils de Dieu, tu peux tout ce que tu veux… : Tu es grand, tu peux bien faire ton bonheur tout seul ; dis donc à cette pierre de devenir du pain pour satisfaire ta faim immédiate… (première tentation). Peut-être ferais-tu mieux de m’adorer, moi, pour réaliser tous tes projets… (deuxième tentation). Jette-toi en bas, Dieu sera bien obligé de t’aider… (troisième tentation). Mais Jésus sait bien que Dieu seul peut combler toutes les faims de l’homme, et il a choisi de faire confiance jusqu’au bout, de « se tenir sous l’abri du Très-Haut » comme dit le psaume lu à la messe de ce matin. »

Les juifs attendaient un messie puissant qui rétablirait la royauté en Israël et chasserait l’envahisseur romain et permettrait  à son peuple de vivre dans l’aisance. Pour faire advenir le règne de Dieu qui est sa mission, peut-être a-t-il   été tenté d’être ce messie. C’est une simple supposition. Pour parvenir à ce dessin, il pourrait le faire en donnant à manger à son peuple, en lui donnant des exploits à admirer et en étant un roi puissant qui commande en maître et fait sentir son pouvoir.

A ces tentations de l’avoir symbolisée par le pain

Du  pouvoir, par les royaumes dont le démon s’attribue la propriété

Et de la séduction,

Jésus fait confiance à son Père et ne se détourne pas de lui. Il fait appel à la parole de Dieu pour lui répondre, paroles, toutes tirées du livre du deutéronome :

- Ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre ;

- Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu et c’est lui seul que tu adoreras ;

- Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu.

Ayant épuisé toutes les formes de tentation, le démon s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé. Ce sera sans doute à Gethsémani qu’il va le tenter de nouveau :

Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe, cependant que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne.

Sur la croix il est de nouveau tenté par la voix d’un des larrons :N’es-tu pas le messie, sauve-toi toi-même et nous aussi.

- C’est une toute autre voie qu’il décide d’emprunter.

Même ses apôtres auront de la peine à reconnaître en lui le messie attendu. Il a vécu la pauvreté de la crèche à la croix, disons-nous dans la prière de la neuvaine au Sacré Cœur.

Il va parcourir les villes et les villages, prêchant la conversion, faisant connaître l’immense amour de son Père pour les hommes et sa miséricorde. Il va opérer de nombreuses guérisons. Il va même nourrir les foules en multipliant les pains, mais non pour se les asservir, mais par compassion pour qu’elles ne défaillent pas en chemin, après l’avoir écouté très longtemps.

Roi il le sera mais avec une couronne d’épines et c’est nu qu’il s’exposera sur une croix près du temple de Jérusalem et là son cœur sera transpercé laissant jaillir du sang et de l’eau. Ce cœur transpercé est le signe le plus manifeste de la miséricorde de Dieu.

S’il a accepté de venir sur terre c’est pour obéir à son Père qui dans sa grande miséricorde ne peut souffrir que les hommes qu’il a créé par amour aillent à  leur perdition. Après qu’Adam et Eve eurent péché, Dieu n’a pas voulu que l’humanité demeure seule et en proie au mal.

Jésus Christ est le visage de la miséricorde du Père, nous dit le pape François que je vais citer abondamment, comme je viens de le faire.

La miséricorde n’est pas un signe de faiblesse mais l’expression de la toute- puissance de Dieu 

Dieu qui donne la preuve de ta puissance lorsque tu pardonnes et prends pitié.

Elle est un sentiment qui prend sa source dans notre cœur, d’où son nom, dans nos entrailles même et qui pousse à avoir pitié de la souffrance ou de la misère de l’autre, de vouloir le remettre en selle, de lui pardonner ses torts.

- Patient et miséricordieux est l’appellation courante de Dieu dans l’ancien testament.

Il a pitié de son peuple soumis à un dur esclavage par les égyptiens.

Il le nourrit et lui donne à boire dans le désert et le sauve des ennemis qui lui font la guerre.

Il envoie des juges pour le sauver des amorites, philistins et autres qui l’attaquent et le pillent lorsqu’il sera établi sur la terre promise.

Il pardonne à David sa faute et en fait un grand roi.

Après l’exil des juifs à Babylone, provoqué par leur idolâtrie et leur manque de confiance en sa parole donnée par les prophètes, il les ramène dans leur pays.

Jésus lui aussi fait preuve de miséricorde, lui qui a été attentif aux petits, aux humbles, aux pauvres, aux étrangers et à tous les exclus de la société, il a guéri les malades, les affligés, il a redonné la dignité, l’espérance et la joie de vivre aux opprimés et aux désespérés, (prière de la neuvaine) ;

Nous pouvons citer entre autre la veuve de Naïm, le possédé du pays des géraséniens, la femme affligée de pertes de sang, la fille de Jaïre et tous les aveugles paralysés et lépreux qu’il a guéri.

-Il nous a enseigné la miséricorde dans les paraboles :

De la brebis perdue et retrouvée,

- de la pièce perdue et retrouvée, elle aussi,

- du bon samaritain,- du fils prodigue,- du débiteur sans pitié,- du pauvre Job. Etc.  

- Il nous a dit aussi bienheureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde et Soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux.

- Il a fait connaître son cœur miséricordieux à Marguerite Marie à Paray le Monial et à Sœur Faustine.

- Pensons aussi à sa mère qui était à Cana et au pied de sa croix, que l’on prie Salve Regina mater misericordiae ou souvenez-vous o très miséricordieuse Vierge Marie et qui est invoquée sous le vocable de Mère de Miséricorde au sanctuaire de Pellevoisin dans notre diocèse

- En ce début de carême, prenons donc la résolution d’être miséricordieux comme notre Père céleste par le pardon, la prière et surtout l’action. Rappelons-nous ce que dit Jésus dans l’évangile de Saint Mathieu :

« J’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, j’étais nu et vous m’avez habillé, j’étais malade et vous m’avez visité, j’étais en prison et vous êtes venus jusqu’à moi. »

Quel programme, nous avons l’embarras du choix. Tous les jours les médias nous rappellent que la faim sévit dans le monde, que des étrangers frappent à notre porte, que des gens souffrent la violence et la persécution tout près de chez nous.  Prions et agissons dans la mesure de nos moyens.

DIACRE ANDRÉ TOURLONIAS

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