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Décès du père Jean-Marie Falloux

Nous avons le regret de vous annoncer le décès du Père Jean-Marie Falloux, père ayant servi dans notre diocèse.

« C’est quand même une drôle d’aventure que cette vie humaine qui m’est donnée ! Une aventure étrange quand on y réfléchit, comme devant ce radiotélescope de Nançay. Naître un jour sur cette Terre…petite planète perdue dans l’immensité de l’univers…faire un apprentissage de la vie dans une famille de vignerons, au contact de la nature, du travail de la terre, plongé dans un environnement très religieux qui me conduit à être ordonné prêtre à 25 ans. Et puis prendre l’itinéraire des prêtres de la Mission de France, se laisser remuer, parfois bouleversé par la rencontre de femmes et d’hommes abîmés par la vie, blessés ou rejetés, dont l’Eglise est si loin, se laisser envahir par toutes ces évolutions considérables qui m’ont atteint au cours de cette vie de prêtre. Dans ce parcours, j’ai été séduit par l’Evangile. Au cœur de tout cela, j’ai poursuivi une recherche de Dieu. »

Profession de foi pour l’Assemblée Générale 1997

 

1929 est resté dans les mémoires des coteaux du Layon comme un grand millésime. C’est le 4 avril que naît Jean-Marie, fils de vigneron, aîné d’une fratrie de cinq frères et sœurs demeurant aux Buissonnets, à Passavant-sur-Layon en Anjou. La vigne, les jeux d’enfants, le potager, les odeurs de cave, les cinq kilomètres à pied jusqu’à l’école de Nueil, la messe et les vêpres du dimanche feront l’ordinaire d’un garçon taquin et distrait, priant et timide. En 1939, c’est la découverte de l’internat, du latin, des maigres rations à cause de la guerre. Les camps vélo de la JEC lui ouvrent d’autres horizons et font mûrir son projet de devenir prêtre. Muni de son bac de philo, il entre en 1947 au séminaire d’Angers. A l’écoute de son oncle, Fils de la Charité et prêtre à la Mission de Paris, engagé en monde ouvrier du côté de Colombes, Jean-Marie se sent attiré par un ministère missionnaire plus en proximité avec les gens qui travaillent. L’évêque d’Angers est conscient qu’une nouvelle approche est nécessaire pour les régions déchristianisées ; il lui accorde l’autorisation d’aller à Lisieux à condition de revenir plus tard en Anjou.

« T’es un gars de la campagne, va donc ramasser les pommes de terre », lui dit l’économe de Lisieux. A peine arrivé, Jean-Marie est un peu déstabilisé par la démission sur ordre de Rome, du père Augros, le supérieur du séminaire. Avec le père Basseville, nommé supérieur, le séminaire prend ses quartiers à Limoges en 1952. Jean-Marie apprécie de côtoyer les jocistes, des gars qui ont déjà l’expérience du boulot, et qui ont remplacé la soutane par le blouson. « J’apprends énormément sur l’interprétation des évangiles, la théologie, l’évolution d’après-guerre. »

Le séminaire ferme à Limoges. Jean-Marie prend la direction des Charentes pour un stage d’ouvrier agricole qui s’avérera bien rude. Pourtant, cet équilibre entre le travail, le témoignage du Christ et la réflexion spirituelle lui convient. Malgré la condamnation des prêtres-ouvriers, l’espoir renaît avec la constitution apostolique de la Mission de France signée par Pie XII en 1954 et la réouverture du séminaire à Pontigny. Jean-Marie achève son séminaire à Angers entrecoupé par quelques sessions à Pontigny. A la demande de l’évêque de Bourges, il est envoyé dans le Berry, à la paroisse de Sancoins, où il se retrouve chargé des jeunes. Il sera ordonné prêtre le 18 décembre 1954 à la cathédrale d’Angers. La moto remplacera le vélo.

En 1957, il est incardiné à la Mission de France, puis envoyé en 1959 dans le nord du Cher à Graçay. Avec le concile, les signes d’ouverture se multiplient. Travailler chez des artisans du bâtiment devient possible. L’équipe de football cherche un gardien. Jean-Marie troque la soutane pour le maillot et le short. Avec la deuxième chaîne de télévision qui devient opérationnelle, l’usine de Vierzon l’embauche pour des travaux électriques et l’adaptation des récepteurs TV.

En 1970, la Mission l’appelle à rejoindre l’équipe de la vallée de l’Eure, avec Georges Heude, Guy Deliège et Christian du Mont. Pour vaincre la tristesse du départ du Berry, ses amis lui font une haie d’honneur à 5 heures du matin, alors qu’il s’engage à parcourir, à vélo et d’une seule traite, les 235 kilomètres qui le séparent de son nouveau lieu de mission, Ezy-sur-Eure, réputé alors pour sa course cycliste. Dans cette vallée ouvrière et touristique, il retrouve un emploi dans l’entretien et la réparation de l’appareillage électronique domestique. Son sourire, sa douceur et son calme légendaire déminent les incompréhensions anticléricales, lui ouvrent de nombreuses portes et le cœur de nombreux amis.

1988, la retraite professionnelle se profile à l’horizon. Le père Gilson, alors évêque du Mans, demande à la Mission de renforcer l’équipe d’animation des Sablons dans le Sud de la Sarthe. Ce lieu d’Eglise en rural a été fondé en 1974 par Jean-Baptiste Chevalier, Marcel Harel, Raymonde Gardelle et Suzanne Rochard, religieuses d’Angers et par un groupe de laïcs. En Limousin, en Isère, dans l’Orléanais, un « faire Eglise » dans les territoires ruraux s’invente pour répondre à des attentes pour lesquelles les paroisses ne sont pas outillées. Daniel Ricadat et Jean-Marie furent pressentis. Avec l’équipe d’animation, Jean-Marie s’investit dans ce lieu d’accueil et ses temps de ressourcement pour tous, la dimension communautaire de la rencontre où l’on relit à la lumière de l’Evangile les soirées de réflexion sur les questions sociales qui traversent le monde rural, l’attention aux personnes fragilisées par les épreuves, la solitude ou leur parcours. Des journées-rencontres permettent des temps plus longs pour l’échange, le partage de foi, la prière, l’expression des jeunes et des familles. Il s’engage aussi dans la vie locale "hors Eglise", avec l'ATRE, association d'insertion, et une autre association soutenant les agriculteurs en difficultés. Il côtoie également les Libres Penseurs. En 2004, la Mission de France n’a plus les ressources pour envoyer des prêtres. Le diocèse du Mans a d’autres priorités. L’animation est confiée à une équipe de laïcs dans le cadre d’une association. Avec l’âge, Jean-Marie n’a plus les mêmes forces pour soutenir l’intuition de ce lieu d’Eglise dont l’avenir est en question. Avec détermination, il partage ce temps d’épreuve avec son équipe Mission de France (Denis et Nadine Roucou, Jean-Louis Germond, Odile Levillain, Marie-Françoise Milberg, Raymond Fouqueray, etc.). Alors que ses forces déclinent, le soutien quotidien et fraternel de Roger Crépon lui est d’un grand secours. Au printemps dernier, un AVC l’oblige à une hospitalisation au Mans, puis à Chemillé, en Anjou, où il retrouve la proximité de sa famille.

Tout au long de son parcours, sa famille lui a manifesté un très fidèle attachement. Avec elle aussi, il a partagé ses espoirs d’une Eglise plus ouverte où les fonctions seraient redistribuées au sein de croyants à qui l’on confierait davantage de responsabilités : « la communauté chrétienne n’est pas fondée sur une doctrine sur Jésus, mais sur une intelligence profonde d’une présence révélée en Jésus ». En vue de garder mémoire de son témoignage, son frère François a repris nombre d’anecdotes et recueilli plusieurs de ses méditations. Puisque le 4 octobre, jour de son décès, nous fêtons saint François d’Assise, recueillons cette dernière fleur :

« François d’Assise reste un modèle d’humanité, de simplicité et d’émerveillement. C’est un être tourné vers les pauvres, un message si contemporain dans notre monde où trop de gens galèrent pour vivre décemment. François est révolutionnaire dans le Cantique des créatures lorsqu’il appelle la mort corporelle « notre sœur ». Un changement de perspective s’offre alors à nous : au lieu de dévisager la mort comme un épouvantail à partir de ce côté-ci de l’existence, nous pourrions envisager la vie à partir de l’autre côté qu’est notre mort. Dans cette posture, tant que nous sommes en vie, notre orientation et nos actes sont toujours élans de vie. »

L’équipe épiscopale 

ThomasFaill
ThomasFaill a écrit :
19/02/2017 21:50

No matter how happy people may be with their life, stress may find its way in. Sometimes stress is so hard to control because people do not know how to go about fixing their stresses. In the following article, you are going to be given advice to help you deal with life's stresses.

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